Quelques notions importantes…
Le terme « invertébrés » est assez ancien, et ne correspond plus vraiment aux standards de la classification moderne. Il reste cependant usité, car très parlant : les invertébrés se définissent par opposition aux vertébrés, qui présentent un squelette interne, formé d’os. Les vertébrés sont accessibles sur un autre site web (site faune sauvage).
Au sein des invertébrés, le groupe le plus important est celui des arthropodes, qui sont des animaux à corps articulé et squelette externe, donc. Les insectes y sont majoritaires, et présentent un corps segmenté en trois parties : tête, thorax, abdomen. Ils possèdent tous trois paires de pattes, d’où leur nom d’exapodes (« exa » signifiant six, et « pode » pied) et sont presque tous pourvus d’antennes visibles.

Autre caractéristique notable, le squelette externe ne permet pas une croissance continue des immatures : pour grandir, les larves doivent donc muer, c’est-à-dire changer de peau. Les insectes en particulier sont soumis au phénomène de la métamorphose pour parvenir au stade adulte. Chez certains, comme par exemple les grillons ou les phasmes, la métamorphose est dite « incomplète ». En effet, les larves ont globalement la même morphologie que les adultes : excepté les ailes -si l’adulte en est pourvu- et les caractères sexuels, la larve – on parle alors de « jeune » – ressemble à un adulte en miniature. Quand les insectes présentent une métamorphose dite « complète », les larves sont très différentes des adultes, et portent même souvent un nom particulier : c’est le cas des papillons, dont les larves sont appelées chenilles, ou encore des mouches, chez qui l’asticot ne présente pas vraiment de ressemblance avec le futur adulte ! Le stade intermédiaire entre la larve et l’adulte, également appelé imago, porte le nom de chrysalide, ou bien encore de nymphe.
Les insectes sont apparus il y a environ 350 millions d’années. Bien avant l’apparition des premiers oiseaux, ils ont inventé le vol. Certains, comme les libellules, sont doués d’une extrême mobilité : chaque aile peut fonctionner de manière indépendante, et même le vol en marche arrière est possible. Les hommes s’en sont certainement inspirés pour imaginer le principe de l’hélicoptère.
Grâce à leur grande faculté d’adaptation, les insectes ont colonisé toute la terre – on trouve des insectes du cercle polaire à l’équateur – ainsi que les eaux douces. On trouve même des insectes dans les nappes de pétrole ! Actuellement, seul le milieu marin, domaine où règnent les crustacés, échappe à leur influence, peut-être seulement pour quelques temps encore…
En termes de diversité, il est communément admis qu’il existe au moins un million d’espèces d’insectes dans le monde. Certains scientifiques parlent même de 10 millions, voir plus… De nouvelles découvertes viennent augmenter chaque jour la liste de ce qui est connu, même si malheureusement, bien des espèces disparaissent aussi dans le même temps, essentiellement du fait des impacts liés à l’activité humaine. N’oublions pas que d’après l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), un invertébré sur cinq serait menacé de disparition à moyen terme. Et n’oublions pas non plus ce que cela représenterait à la fois pour la biodiversité mondiale, mais aussi pour nos propres conditions de vie : le coût écologique mais aussi économique de ces disparitions pèsera lourd dans la balance, car les services écosystémiques rendus sont très importants. A titre d’exemple, la valeur de la pollinisation des cultures par les insectes a été évaluée à 153 milliards d'euros par an, toujours d'après l'UICN. Une autre étude plus ancienne a évalué la valeur économique de la biodiversité des sols —- grâce aux invertébrés tels que les vers de terre, les scarabées et autres — à 1 500 milliards de dollars par an.
Les insectes – et les invertébrés en général – sont en effet indispensables au bon fonctionnement des écosystèmes : ce sont des pollinisateurs, des décomposeurs, des phyllophages (mangeurs de feuilles) ou des xylophages (mangeurs de bois), des prédateurs et des parasites, etc, et eux-mêmes servent de nourriture à de nombreux animaux, car ils constituent la première biomasse animale.
Cependant, ils peuvent aussi nuire à l’humain et à ses activités – ravageurs agricoles, arthropodes vecteurs potentiels de maladies comme les insectes piqueurs ou les tiques, espèces urticantes, etc. –, et même constituer une menace pour la biodiversité, comme c’est le cas pour les Espèces Exotiques Envahissantes (EEE), qui font l’objet d’un site dédié (site aliem) en ce qui concerne les insectes, dans le cadre du projet européen ALIEM piloté par l’Office de l’Environnement de la Corse. On parlera alors de « bioagresseurs ».
En France métropolitaine, le nombre total d’espèces d’insectes inventoriés est de l’ordre de 40.000, ce qui est peu au regard du million d’espèces qui peuple la planète terre. Comme pour l’ensemble de la biodiversité, il est vrai que ce sont les écosystèmes tropicaux qui regroupent la plus large part de la diversité entomologique, non encore totalement explorée, loin s’en faut. Même si de nouvelles espèces viennent régulièrement enrichir notre patrimoine national, sous nos latitudes tempérées, la diversité faunistique est bien moins exubérante que dans les forêts amazoniennes !
Reste que quantité ne vaut pas qualité, et nous pouvons nous aussi nous enorgueillir de la présence d’espèces connues uniquement de zones géographiques restreintes, dites espèces endémiques.
De fait, la Corse est connue pour son taux marqué d’endémisme, dû en partie à sa nature insulaire. Ce phénomène de l’endémisme est encore plus marqué en altitude, où l’effet d’isolement géographique est décuplé. Toutefois, globalement, notre île comporte environ moitié moins d’espèces connues que la totalité du territoire français métropolitain.
Pour faire progresser la connaissance, les études entomologiques en Corse doivent donc se poursuivre, notamment dans les zones d’altitude où encore trop peu de travaux sont réalisés, du fait de leur difficulté d’accès principalement.