Odonates, ou libellules
L'origine du nom scientifique des libellules vient du latin odonata, qui est composé du mot grec odon, signifiant « dent » et du suffixe ate, « pourvu de ». Cela fait référence aux pièces buccales de ces insectes, qui sont pourvues de mandibules puissantes armées de dents pointues et inégales. Associées à des yeux proéminants et des ailes autorisant de surprenantes figures en vol, ces caractéristiques font des libellules d’efficaces prédateurs.
Comme chez les autres insectes, le corps des odonates est composé de trois parties.
La tête porte notamment de très courtes antennes (c’est d’ailleurs une des différences avec les fourmilions), des yeux assez gros et composés de très nombreuses facettes, et des pièces buccales de type broyeur, déjà évoquées plus haut dans le texte.
Le thorax présente un deuxième et troisième segments fusionnés qui correspondent au synthorax, portant les deux paires d'ailes..

L'abdomen est constitué de dix segments. De forme variable, il présente très souvent des motifs colorés permettant l’identification à l’espèce. Le dixième segment porte des appendices anaux appelés cerques, utilisés par les mâles pour saisir la femelle derrière la tête lors de l'accouplement. On parle alors de la formation de tandems. On notera un dimorphisme sexuel pouvant être assez marqué chez certaines espèces, où mâle et femelles sont de couleurs différentes.
La structure des ailles est très nervurée, avec deux paires d’ailes membraneuses de tailles à peu près similaires, généralement ouvertes à plat ou repliées au-dessus du thorax quand les libellules sont au repos.
En Europe, les odonates sont divisés en deux sous-ordres.
Les anisoptères, appelées « libellules vraies » ou « libellules au sens strict », sont le plus souvent de grande taille, avec un corps robuste capable de supporter un vol rapide et puissant. On peut les rencontrer à distance des zones humides, et parfois très loin de l’eau. Certaines espèces sont même capables de migrations ! Ces libellules sont également caractérisées par des ailes étendues à plat au repos, de tailles proches mais inégales (les ailes antérieures sont plus étroites à leur base que les postérieures) et par une tête assez ronde portant des yeux souvent contigus.
Les « demoiselles » sont généralement de plus petite taille, avec un corps fin plus fragile, qui ne leur permet pas de voler très loin des zones humides. Elles présentent des ailes antérieures et postérieures identiques et une tête plus large que longue portant des yeux largement séparés. Au repos, leurs ailes sont fermées et dressées au-dessus du corps (à l’exception notable des espèces du genre Lestes qui gardent leurs ailes ouvertes à plat au repos).
Une classification simplifiée est proposée ci-après.
Vous pouvez cliquer sur les intitulés correspondants au groupe désiré.
Les Odonates sont des insectes hétérométaboles (métamorphose progressive entre la larve et l’imago, dite « incomplète », sans stade immobile intermédiaire de type nymphe ou chrysalide) et hémimétaboles, les larves et adultes vivant dans un milieu différent. Les larves sont aquatiques et tout comme les adultes aériens, sont de redoutables prédateurs d’autres invertébrés. Elles possèdent un labium particulier, appelé masque, qui peut se déployer pour capturer des proies. Certaines larves de grande taille peuvent même se nourrir d'alevins.
La mue se déroule hors de l’eau, souvent sur la végétation émergée, et laisse une enveloppe fragile appelée exuvie.
De par leur biologie, leur écologie et leur position dans les chaînes trophiques, les libellules constituent un groupe parapluie pour la biodiversité et sont de très bonnes sentinelles utiles au suivi des écosystèmes terrestres humides. Elles font partie des groupes d’invertébrés qui demeurent parmi les plus étudiés par les scientifiques ainsi que par les naturalistes professionnels et amateurs. Elles bénéficient d’un capital sympathie et d’une certaine notoriété auprès du grand public, étant généralement associées à une image positive de la biodiversité particulièrement propice au développement d’actions de conservation et de sensibilisation. Toutefois, de nombreuses populations de libellules sont aujourd’hui en régression voire menacées, comme l’atteste notamment la liste rouge des espèces menacées de Corse. Comme pour d’autres groupes, ces menaces sont le plus souvent associées aux activités humaines et à leurs conséquences sur les écosystèmes. Le développement et la mise en œuvre d’actions de conservation appropriées en faveur des libellules et de leurs habitats représentent donc un enjeu particulièrement important, ce que l’OEC s’attache à promouvoir à travers son Plan Territorial d’Actions en faveur des libellules de Corse.
Les Libellules (Odonata) sont représentées par près de 6000 espèces décrites dans le monde, majoritairement en région tropicale. Environ 120 espèces peuvent se rencontrer en Europe, et moins de 100 en France.
Pour sa part, la faune de Corse comptabilise 49 espèces rassemblées au sein de 2 sous-ordres et de 8 familles. Il est important de noter que la présence actuelle et/ou réelle de 4 espèces reste encore à confirmer ou à étayer par de nouveaux apports de données (*).
Les espèces présentes ou potentiellement présentes en Corse
Sous-ordre : ANISOPTERA
- Aeshna affinis Vander Linden, 1820
- Aeshna cyanea (O.F. Müller, 1764)
- Aeshna isoceles (O.F. Müller, 1767)
- Aeshna mixta Latreille, 1805
- Anax imperator Leach, 1815
- Anax parthenope (Selys, 1839)
- Boyeria irene (Boyer de Fonscolombe, 1838)
- Brachytron pratense (O.F. Müller, 1764)
- Hemianax ephippiger (Burmeister, 1839)
- Lindenia tetraphylla (Vander Linden, 1825) *
- Paragomphus genei (Selys, 1841)
- Brachythemis impartita (Karsch, 1890) *
- Crocothemis erythraea (Brullé, 1832)
- Libellula depressa Linnaeus,1758
- Libellula fulva O.F. Müller, 1764
- Libellula quadrimaculata Linnaeus,1758 *
- Orthetrum brunneum (Boyer de Fonscolombe, 1837)
- Orthetrum cancellatum (Linnaeus, 1758)
- Orthetrum coerulescens (Fabricius, 1798)
En Corse, la sous-espèce Orthetrum coerulescens anceps (Schneider, 1845) est présente - Orthetrum trinacria (Selys, 1841)
- Sympetrum depressiusculum (Selys, 1841) *
- Sympetrum fonscolombii (Selys, 1840)
- Sympetrum meridionale (Selys, 1841)
- Sympetrum sanguineum (O.F. Müller, 1764)
- Sympetrum striolatum (Charpentier, 1840)
- Selysiothemis nigra (Vander Linden, 1825)
- Trithemis annulata (Palisot de Beauvois, 1807
Sous-ordre : ZYGOPTERA
- Calopteryx haemorrhoidalis (Vander Linden, 1825)
- Calopteryx splendens (Harris, 1782)
- Calopteryx virgo (Linnaeus, 1758)
En Corse, seule la sous-espèce Calopteryx virgo meridionalis Selys, 1873 est présente.)
- Ceriagrion tenellum (de Villers, 1789)
- Coenagrion caerulescens (Boyer de Fonscolombe, 1838)
- Coenagrion puella (Linnaeus, 1758)
- Coenagrion pulchellum (Vander Linden,1825)
- Coenagrion scitulum (Rambur,1842)
- Enallagma cyathigerum (Charpentier, 1840)
- Erythromma lindenii (Selys, 1840)
- Erythromma viridulum (Charpentier, 1840)
- Ischnura genei (Rambur,1842)
- Ischnura pumilio (Charpentier, 1825)