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 ESPACE MEMBRE

Hémiptères

Le nom Hémiptères ou Hemiptera, du grec Hemi « demi » et ptéron « aile » fait référence à l’aspect des ailes chez de nombreuses espèces, principalement chez les punaises où l’on observe deux structures différentes. Souvent, la première moitié de l’aile antérieure est sclérifiée et donc rigide (on parle d’hémiélytre), alors que l’autre moitié est membraneuse.

La caractéristique principale de cet ordre concerne les pièces buccales qui sont de type piqueur-suceur. On parle généralement de rostre.

Les Hémiptères font partie des groupes d’insectes bien connus du grand public. On y retrouve des espèces très communes dans nos jardins comme les punaises vertes (Nezara viridula) ou certains pucerons ainsi que des insectes plus appréciés car chargés de symbolique, comme les cigales qui bercent de leurs chants les après-midis d’été.
Dans le monde, plus de 100 000 espèces d’Hémiptères ont été décrites mais certains spécialistes estiment que cette diversité est encore beaucoup plus importante avec un très grand nombre de petites espèces restant encore à découvrir.

Historiquement les Hémiptères étaient divisés en deux sous-ordres, avec d’un côté les Hétéroptères (punaises) et de l’autres les Homoptères (cigales, pucerons, cicadelles, …). Cependant les Homoptères ont été redécoupés et la classification actuelle reconnait maintenant 5 sous-ordres dont 4 sont présents en Corse et sont présentés ci-après. Le cinquième, le sous-ordre des Coleorhyncha, n’est présent que dans l’hémisphère sud et ne représente qu’une trentaine d’espèces au niveau mondial. Nous ne le développerons pas plus ici.

Heteroptera

Avec plus de 45 300 espèces décrites, les Hétéroptères, que l’on regroupe généralement sous l’appellation de punaises, constituent le sous-ordre le plus diversifié. Il est lui-même divisé en 6 infras ordres (cf classification simplifiée). Contrairement aux autres sous-ordres, chez les espèces d’Hétéroptères dont les ailes sont présentes et visibles, elles sont positionnées à plat sur l’abdomen alors que chez les autres, elles forment un toit au-dessus (schéma). Comme mentionné dans le premier paragraphe, les ailes des Heteroptera présentent deux structures différentes avec la première moitié des ailes antérieures sclérifiées alors qu’elles sont entièrement membraneuses chez les autres sous-ordres.

Sternorrhyncha

Comprenant 18 900 espèces de par le monde, on retrouve dans ce sous-ordre les pucerons, les cochenilles ou encore les aleurodes.
On les distingue des deux sous-ordres suivants par des tarses portants 1 ou 2 segments et des antennes composées de 4 ou 5 articles. On y observe également de nombreuses espèces aptères, notamment chez les pucerons ou les femelles de cochenilles par exemple.

Cicadomorpha

Deuxième sous-ordre en nombre d’espèces connues, les Cicadomorpha comptent près de 30 400 espèces. On y retrouve les cigales, les cicadelles ainsi que les cercopes et les membracides.
Très proche du sous-ordre suivant, on distingue les Cicadomorpha par l’insertion des antennes entre les yeux composés alors qu’elles sont incérées sous les yeux chez les Fulgoromorpha. De même les hanches intermédiaires sont très rapprochées au niveau de leur insertion alors qu’elles sont plus éloignées chez les Fulgoromorpha.

Fulgoromorpha

Avec 12 600 espèces décrites, il s’agit du sous-ordre le plus réduit après celui des Coleorhyncha. Parmi ses représentants, on retrouve les fulgores dont certaines espèces tropicales arborent des formes extravagantes. En Corse, les espèces sont beaucoup plus discrètes, mais conservent le côté « mimétique » de parties végétales (comme les épines, notamment) de certains de leurs cousins plus exubérants en formes et en couleurs..

Une classification simplifiée est proposée ci-après, avec quelques aménagements inspirés de diverses sources bibliographiques compte tenu de l’instabilité de la classification actuelle, et en tenant compte des groupes qui sont ou seront étudiés par l’OCIC.

Vous pouvez cliquer sur les intitulés correspondants au groupe désiré.

Classification des hemiptères

Les Hémiptères ont un développement de type hémimétabole, c’est-à-dire à métamorphose incomplète. Les larves vont donc ressembler aux imagos, avec déjà une structure morphologique assez proche bien que dépourvue de certains organes, notamment reproducteurs ainsi que les ailes. Bien que dans une majorité de cas, larves et adultes aient des modes de vies et d’alimentation très similaires, on peut cependant citer les cigales dont les larves sont souterraines contrairement aux adultes qui vivent à l’air libre (voir page dédiée aux Cicadidae).

Du fait de leurs pièces buccales de type piqueur-suceur, les Hémiptères se nourrissent d’aliments sous forme liquide. La grande majorité des espèces sont phytophages et se nourrissent du phloème (sève) des plantes. Cependant, parmi les punaises, certaines sont des prédatrices et se nourrissent de l’hémolymphe d’autres insectes comme les réduves ou même du sang de vertébrés comme les punaises de lit (famille des Cimicidae), véritable fléau des professionnels de l’hébergement mais aussi des particuliers.

Au sein de la grande diversité de cet ordre, certains groupes sont considérés comme des ravageurs de culture. Parmi eux citons les pucerons, cochenilles et autres aleurodes, qui peuvent occasionner des dégâts importants. On y trouve également des espèces exotiques envahissantes comme la fameuse punaise diabolique, Halyomorpha halys, qui est originaire d’Asie du sud-est et qui s’est largement répandue en Corse ces dernières années.

Découverte de Lygaeus creticus Lucas, 1853 en Corse et dans le Var : une nouvelle espèce de Lygaeidae pour la faune de France (Hemiptera Heteroptera)

À l’occasion d’observations opportunistes, une nouvelle espèce de punaise pour la faune de France a été signalée en Corse et dans le Var en mars et avril 2017 : Lygaeus creticus. Ces observations ont donné lieu à une publication scientifique (Cornuel-Willermoz & Dusoulier 2017).

Lygaeus creticus est une punaise de la famille des Lygaeidae. Espèce phytophage, elle s’alimente sur plusieurs espèces d’arbres et arbustes, notamment le Laurier rose (Nerium oleander L., 1753) dont elle est particulièrement friande.
En Europe, on la retrouve naturellement dans les pays est-méditerranée mais depuis plusieurs années, on constate une expansion géographique de l’espèce vers le nord et l’ouest de l’Europe méditerranéenne. Une des explications de cette expansion rapide est que cette punaise est déplacée via le transport de pieds de laurier rose pour des raisons ornementales, dans les jardins et les parcs urbains.

La première observation de cette espèce en Corse a été réalisée le 14 mars 2017 à Corte, aux alentours de la citadelle. Plusieurs spécimens étaient présents dont deux couples (illustration ci-dessous), laissant présager d’une population déjà bien implantée.
Depuis la publication de cet article, outre le fait que la population observée sur ce premier site est toujours en place, l’espèce a été observée sur de nombreuses autres localités de Corse (Sartène, Lumio, Borgo, …). Afin de suivre son évolution, nous sommes intéressés par toute observation réalisée sur l’ile.

L’identification de cette espèce est assez facile. Malgré ses couleurs rouges pouvant faire penser aux gendarmes (Pyrrhocoris apterus) ou à d’autres punaises rouges, elle s’en distingue par une taille assez importante (11-13mm), un rouge assez pale, l’absence de tache blanche sur la membrane des ailes et un scutellum entièrement noir. De plus, chaque corie (partie rigide des ailes) porte deux taches noires, une au centre et une en bordure du scutellum..

Bibliographie

CORNUEL-WILLERMOZ, A. & DUSOULIER, F., 2017. - Découverte de Lygaeus creticus Lucas, 1853 en Corse et dans le Var : une nouvelle espèce de Lygaeidae pour la faune de France (Hemiptera Heteroptera). L’Entomologiste, tome 73, 2017, n° 4 : 273 – 275.