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Hyménoptères

Les abeilles, les guêpes ou encore les fourmis appartiennent à l’ordre des hyménoptères ou Hymenoptera, du grec ptéron, « aile » et hymen, « membrane ». Cependant, les hyménoptères n’étant pas, et de loin, les seuls insectes à disposer d’ailes membraneuses, une autre hypothèse suggère que leur nom pourrait faire référence au dieu grec du mariage, Hymen, car leurs deux paires d'ailes membraneuses ont la particularité de se lier en vol. En effet, une des caractéristiques de ce groupe est que les ailes postérieures sont connectées aux ailes antérieures par une série de petits crochets appelés hamuli.

Les pièces buccales des hyménoptères sont de type broyeur ou lécheur, avec des formes intermédiaires possibles. Les mandibules sont généralement bien développées et servent à la capture des proies pour les espèces prédatrices, ou encore au façonnage du nid.

Cet ordre d’insectes comporte des espèces bien connues de l’Homme, dont la célèbre abeille mellifère, mais également quelques espèces très caractéristiques fréquentant nos jardins, comme la scolie des jardins Megascolia maculata. Cet insecte pollinisateur de grande taille (environ 4 cm, ce qui en fait le plus grand hyménoptère observable en Europe) n’est pas du tout agressif malgré son aspect impressionnant. Son apparence (couleur noire avec des tâches jaunes sur l’abdomen) lui vaut d’être régulièrement confondu avec le frelon asiatique.

Par opposition, les brachycères s’apparentent aux « mouches vraies » de forme muscoïde, avec des antennes courtes (du grec brachy signifiant « court »), 3 articles par antenne et une tête très mobile. Le représentant le plus connu du grand public est la fameuse mouche domestique, Musca domestica. Les cyclorrhaphes, un temps considérés comme un sous-ordre à part entière, y sont actuellement rattachés.

L’ordre des Hyménoptères fait partie des plus diversifiés avec actuellement près de 150.000 espèces décrites au niveau mondial.

On distingue deux grands sous-ordres d’hyménoptères :

Les Symphytes (également appelés tenthrèdes) chez lesquels l'abdomen fait directement suite au thorax, sans étranglement (schéma ci-contre, en vue de dessus) ce qui leur donne une apparence proche des diptères, dont on les distingue cependant par la forme des antennes, des pièces buccales et surtout la présence de deux paires d’ailes. Les femelles présentent un ovipositeur denté, qui leur a valu le nom de « mouches à scies ».

Les Apocrites, qui présentent un abdomen bien distinct du thorax, avec un étranglement marqué (la fameuse « taille de guêpe », mise en évidence dans le schéma ci-contre).
Les Apocrites sont eux-mêmes divisés en deux grands groupes, les Térébrants (parasites, comme les ichneumons ou les cynips par exemple) qui possèdent un abdomen terminé par un oviscapte (tarière) et les Aculéates (porte-aiguillons, regroupant les guêpes au sens large et les abeilles) chez lesquels l'oviscapte a perdu sa fonction de ponte.

Une classification simplifiée est proposée ci-après, avec quelques aménagements inspirés de diverses sources bibliographiques compte tenu de l’instabilité de la classification actuelle, et en tenant compte des groupes qui sont ou seront étudiés par l’OCIC.

Vous pouvez cliquer sur les intitulés correspondants au groupe désiré.

Classification des hyménopères

Nota : le sigle « * » correspond au redécoupage récent des Crabronidae. Anciennement, cette famille était découpée en un certain nombre de sous-familles et tribus dont certaines ont été relevées au rang de famille à part entière. En fonction de l’avancement des connaissances sur ces questions taxonomiques, il est probable que par la suite, les 7 familles concernées soient traitées ensemble dans cette interface.

Le développement des hyménoptères est holométabole, c’est-à-dire à métamorphose complète. Les larves sont le plus souvent apodes (sans pattes) et se métamorphosent en nymphes, souvent au sein d’un cocon. Des exceptions notables existent, comme par exemple les larves de symphytes qui sont pourvues de pattes et peuvent être confondues avec des chenilles (larves dites éruciformes). Le plus souvent, larves et adultes ont des vies très différentes.

Du fait de leur très grande diversité, les hyménoptères ont des écologies extrêmement variées. Notons tout particulièrement que cet ordre comprend des espèces sociales, ce qui est unique chez les insectes (à l’exception des termites et de rares coléoptères). Ces espèces peuvent constituer des colonies importantes, comme par exemple l’abeille mellifère, mais aussi les fourmis comme Tapinoma magnum, autre espèce bien connue en Corse mais pour les nuisances qu’elle occasionne.

En termes de régime alimentaire, ici aussi, les hyménoptères présentent une grande diversité. Comme évoqué plus haut, une grande partie sont des parasites et beaucoup d’autres sont des prédateurs. C’est pour cette raison qu’un certain nombre d’espèces sont considérées comme des auxiliaires présentant un grand intérêt en entomologie agricole pour le contrôle des ravageurs. A noter que cet ordre est encore insuffisamment étudié, notamment pour les espèces de très petite taille (parasitoïdes sans grand intérêt agricole par exemple), ce qui fait que sa diversité est très probablement sous-estimée.

Autre rôle capital, les hyménoptères occupent le premier rang mondial en termes d’importance dans le domaine de la pollinisation. Au sein de ce vaste groupe, toutes les espèces ne participent toutefois pas à la pollinisation avec la même efficacité. Parmi les taxons qui y contribuent, le principal est celui des Anthophiles (abeilles) mais on peut aussi citer les Symphytes et un grand nombre d’espèce de guêpes, qui sont plus généralistes mais malgré tout importants. Ce rôle majeur de pollinisateur est souvent résumé par le grand public à l’abeille mellifère. Mais s’il est vrai qu’en tant qu’espèce, le rôle de l’abeille mellifère est très important tant elle est polyphage et abondante de par son mode de vie en colonie et sa domestication par l’Homme, il ne s’agit pas d’oublier que les abeilles représentent plus de 20.000 espèces au niveau mondial ! Leur importance écologique ne se résume donc pas à une seule espèce même emblématique, loin s’en faut.

Dans un premier temps, nous vous proposons d’en apprendre plus sur certaines familles particulièrement étudiées en Corse par l’OCIC et ses partenaires, comme les fourmis et scolies, mais aussi les symphytes et autres apiformes (abeilles).